DRAW BLOG

Exploring weather and all it entails


Welcome to the DRAW Blog! Our focus here is to introduce topics related to DRAW and weather. This could be background information about parts of the project, such as symbols, discussions on weather issues, such as climate change, or may simply be a way to get to know the DRAW team further. Check in every other week for new posts!


L’observation pendant les guerres

par Victoria Slonosky, le 11 novembre 2019.

Afin de commémorer le 11 novembre, Vicky Slonosky nous parle un peu aujourd’hui de la manière dont les guerres affectent la météorologie.

La météorologie est un aspect important de la guerre, et pendant les deux Guerres mondiales au 20e siècle, l’observation a été affectée de plusieurs façons. Les prévisions et les rapports météorologiques avaient de la valeur militaire stratégique, et l’échange international d’observations, si laborieusement et lentement organisé au cours du 19e siècle, fut stoppé au courant des guerres mondiales

Les effets de la Première Guerre mondiale sur l’enregistrement météorologique du Canada se faisaient surtout ressentir dans le nombre d’observateurs, puisque bon nombre d’étudiants et de jeunes hommes ont été recrutés pour se battre outre-mer. On peut voir cela dans les registres de McGill — il y plane une certaine confusion, les heures d’observations sont un peu plus inconsistantes. En général, elles ne varient pas de plus que cinq minutes, mais à certaines occasions les heures d’observation peuvent fluctuer jusqu’à près de 30 minutes.

Dans la photo ci-dessous, par exemple, on peut voir une anomalie dans nos propres registres. Celui-date de fin février/début mars 1916 et montre que les observations peuvent être décalées de 30 à 40 minutes, ou pas enregistrées du tout.

 observations incohérentes

L’aviation devint importante vers la fin de la Première Guerre mondiale, et les pilotes ont découvert plusieurs courants de haut niveau qui déterminent les tendances météorologiques sur de grandes échelles. Les météorologues norvégiens menés par Vilhelm Bjerknes ont développé une théorie sur le front météorologique qui a conduit à une percée dans le domaine des prévisions météorologiques. Leur réflexion était basée en partie sur les systèmes de tranchées qui ont défini le front occidental et qui sillonnaient la Suisse, la France et se rendaient jusqu’en Belgique pendant la Première Guerre mondiale.

L’aviation a joué un rôle encore plus important durant la Seconde Guerre mondiale, et la prévision météorologique était essentielle pour que les avions puissent décoller, planer, et atterrir en sécurité. Ceci a mené à une expansion à travers le Canada de terrains de formation pour les pilotes alliés, et de la prévision météorologique pour ces nouveaux aéroports. Morley Thomas a décrit cette portion de l’histoire au Canada dans son mémoire intitulé « Les Metmen en guerre : La météorologie au Canada en 1939-1945 » (Metmen in Wartime : Meteorology in Canada 1939-1945, en anglais). Malgré le titre, certaines femmes étaient de météorologues qualifiées. Les météorologues étaient estimés comme étant tellement cruciaux à l’effort de guerre qu’il leur était interdit d’être recrutés, au mécontentement de certains.

En dépit de cette augmentation des observations, on peut apercevoir l’effet de ces guerres dans la réduction d’observations météorologiques partout, notamment après la Seconde Guerre mondiale et les températures des surfaces des océans. Après les Guerres, cependant, les données d’échanges résumèrent, et, spécialement à la fin de la Seconde, le nombre de stations accrut dramatiquement.

Si vous voulez en savoir plus, consultez les liens suivants :

La météo dans l’histoire de la science

par Victoria Slonosky, le 6 novembre 2019.

Aujourd’hui nous allons rapidement jeter un regard à l’intersection entre l’histoire de la science et des observations météorologiques et de la météorologie.

Le film Les aéronautes (The Aeronauts en anglais), affiché au Festival international du film de Toronto le mois dernier, met en scène les efforts qu’a déployés le météorologue James Glaisher lorsqu’il explorait l’atmosphère en prenant des instruments tels que des thermomètres et des baromètres dans des montgolfières. La première montée ayant une visée météorologue a été effectuée en 1784 par Dr John Jeffries et Jean-Pierre Blanchard. En 1804, les scientifiques français Joseph Gay-Lussac et Jean-Baptiste Biot se sont élevés au-dessus de Paris avec leurs baromètres et leurs thermomètres pour étudier le comportement de l’atmosphère, de ses gaz, et du champ magnétique dans les hautes altitudes. Plus tard, ils ont été renommés pour leur travail en chimie et en physique — surtout Gay-Lussac pour son travail sur la loi des gaz et sur la composition chimique.

                      Gay-Lussac et Biot in dans une montgolfière

Une carte de collectionneur du United States Library of Congress Prints and Pictures illustrant Gay-Lussac et Biot dans une montgolfière.

Au musée de l’histoire de la science de la Philadelphie, John Dalton, Biot et Gay-Lussac sont tous présentés comme étant des chimistes, et en effet, une grande partie de leur travail et de leur héritage sont dans le domaine de la chimie ou de la physique. La plupart d’entre nous connaissons Dalton de nos cours d’introduction de chimie au secondaire sur les lois des gaz, et comme étant un défenseur de la théorie atomique. Mais nous ignorons que Dalton a trouvé sa théorie atomique en partie grâce à son intérêt éternel pour la météorologie. Son premier biographe, William Charles Henry, a écrit que « Dalton était aux prises dans ses premières années avec plusieurs problèmes fondamentaux avec la philosophie de la température et de la météorologie ». Dalton a publié sa première édition de ses « Observations météorologiques et essais » (Meteorological Observations and Essays en anglais) en 1793, avant son travail sur la théorie atomique. C’est la fascination de Dalton sur le processus de précipitation, d’évaporation, et de la vapeur d’eau qui l’a mené à son travail sur les gaz, ce qui a ensuite abouti à la théorie atomique et son œuvre révolutionnaire dans le domaine de la chimie — aujourd’hui ce travail est considéré comme étant fondateur. Mais il était aussi un météorologue, et a enregistré la météo chaque jour toute sa vie.

En fait, il a été suggéré que Blaise Pascal a propulsé l’ère scientifique moderne quand, en 1648, il a préparé avec son beau-frère Florin Perier une expérimentation scientifique quantitative pour prendre les mesures parallèles de l’atmosphère avec deux baromètres, un qui montait la montagne (le Puy-du-Dome en Clermont, en France), et un autre qui était stationné au bas. En rapportant que le baromètre qui montait chutait à un moment donné tandis que le baromètre qui restait en bas demeurait constant, cette expérimentation a établi l’existence de l’atmosphère, et le fait qu’il est fini. Le début de l’ère scientifique a commencé avec l’établissement de l’atmosphère, et les unités que nous utilisons aujourd’hui pour mesurer la pression sont nommées après Pascal.

Il y a d’autres exemples de grandes avancées scientifiques qui ont abouti grâce à des observations météorologiques, et qui ont mené à des découvertes importantes dans d’autres domaines — par exemple la théorie du chaos d’Edward Lorenz. Une leçon que l’histoire nous apprend est que la raison pour laquelle la prévision météorologique et la prédiction du climat ne sont pas toujours parfaites n’est pas parce que des personnes intelligentes ne se penchent pas là-dessus, non plus parce que la météo est un sujet ennuyeux et qu’on ne s’intéresse pas à la recherche, mais plutôt qu’il s’agit d’un domaine très, très difficile. La météo et le climat sont compliqués et ne sont pas linéaires, et sont affectés par plusieurs choses et existent sur différentes échelles. Le climat inclut en fin de compte presque toutes les autres branches de la science, de l’astronomie à la microbiologie. Toutefois, il y a eu des avancées incroyables dans le domaine des prévisions météorologiques, et chaque donnée qui peut être utilisée pour mieux interpréter la météo et le climat du passé peut nous guider vers une meilleure compréhension.

Si vous voulez en apprendre plus, vous pouvez consulter :

Critique de livre : Le climat à l’ère de l’Empire (Climate in the Age of Empire, en anglais)

par Rachel Black, le 23 octobre 2019.

Dans le billet d’aujourd’hui, nous allons jeter un coup d’œil au livre Le climat à l’ère de l’empire : les observations météorologiques dans la colonie du Canada (Climate in the Age of Empire: Weather Observers in Colonial Canada, en anglais). Ce livre, écrit par nulle autre que notre Victoria Slonosky, explore l’histoire des observations météorologiques au Canada à partir du milieu du 18e siècle jusqu’au début du 20e. Conséquemment, cette recherche suit aussi le développement de la météorologie (un domaine de la science qui s’intéresse au processus et aux phénomènes atmosphériques pour prévoir la météo) et la climatologie (l’étude de la science du climat). Par inadvertance, ce livre retrace aussi l’histoire de Montréal, de la ville de Québec, et de Toronto durant cette époque, et relève de différents aspects de l’histoire du Canada.

Le livre de Slonosky ne vise pas à offrir une histoire intégrale de la météorologie ou de la climatologie au Canada ou une analyse précise du climat des derniers siècles. Plutôt, il cherche à étudier les personnes qui s’en concernaient, leurs motivations, leurs idées sur la météo, et sur leurs méthodes d’enregistrement. Et cet effort transparait — elle se concentre sur les individus qui ont fait de la météorologie et de la climatologie les domaines qu’ils sont aujourd’hui : John Samuel McCord, John Bethune, Jean-Francois Gaultier, Alexander et William Skakel, Charles Smallwood, John Henry Lefroy et John Herschel, pour en nommer quelques-uns.

Ce livre est structuré par thème et selon la chronologie, en explorant des sujets précis, telle que l’impact de l’armée et des pratiques et idées médicales de l’époque, et leurs effets sur les observations météorologiques, en les intégrant à la ligne du temps. Slonosky aime beaucoup souligner la manière dont l’observation météorologique n’était pas sans conséquences. Les individus traités dans ce livre écrivaient régulièrement avec d’autres qui s’y intéressaient, peu importe leurs motivations.

Cela veut dire qu’on peut avoir une bonne vue d’ensemble sur la manière dont l’expansion coloniale, la guerre, et la religion affectaient les observations et comment les individus étaient influencés par les idées qui émergeaient de la France, de l’Angleterre, des États-Unis, et par certaines parties du Canada de l’époque. Ceci peut être retracé dans les lettres et les équipements qu’on s’échangeait d’un côté de l’océan atlantique à l’autre, mais aussi en étudiant des conférences où des personnes comme Charles Smallwood donnaient des présentations à leurs contemporains sur des sujets qui les intéressaient. Smallwood, par exemple, a présenté une conférence en 1875 à l’Association américaine pour l’avancement des sciences (American Association for the Advancement of Science (AAAS) en anglais) sur l’ozone et sur son influence potentielle sur les maladies en guise d’agent désinfectant. C’était particulièrement agréable quand Slonosky mentionnait une nouvelle personne qui avait une influence sur l’histoire pour la lier aux individus que nous avions déjà eu le plaisir de rencontrer, prouvant que notre réseau est très interconnecté.

Tel que mentionné, les motivations différaient parmi les individus qui faisaient ces observations. Dans quelques parties des colonies, les rapporter à la mère patrie aidait à mieux comprendre ce nouveau monde (des personnes comme Jean-François Gaultier). Cela comprenait aussi l’idée qu’en dégageant la terre, les colonisateurs auraient le pouvoir d’améliorer la météo. D’autres, membres du clergé, comme John Bethune, s’intéressaient à la manifestation de Dieu dans la nature. Les médecins aussi s’intéressaient à la météo; ils pensaient qu’elle avait un effet sur les maladies telles que la malaria, et s’efforçaient à déterminer si c’était le cas.

On pourrait croire qu’observer la météo et de la noter pourrait être une pratique relativement facile, mais c’était extrêmement complexe et controversé. La guerre pouvait complètement stopper les observations ou leur transmission à d’autres endroits sur la planète. Il y avait beaucoup de débats sur le moment où et comment elles devaient être prises; le financement était souvent rare quand il venait de sources privées ou était lié à l’expansion coloniale et par conséquent aux structures militaires ; et les observations n’existaient pas en tant que données indépendantes, elles étaient souvent utilisées pour prouver (ou pour réfuter) les théories de l’époque — comme la controverse des orages qui sévissait au début du 19e siècle aux États-Unis. Slonosky tisse ces éléments dans des discussions sur les personnalités aisément.

En tout, le livre de Slonosky jette un regard sur cette tranche de l’histoire trop souvent oubliée. Elle décrit de manière très détaillée les personnalités importantes, les réseaux, les équipements et les idées de l’époque. Le livre comprend aussi une discussion et une analyse dans les deux derniers chapitres sur le changement climatique, s’il se produisait à l’époque, et s’il était possible d’améliorer la météo comme on le croyait.

Il est intéressant de noter que la théorie du changement climatique n’est pas un nouveau concept et existe au Canada depuis près de quatre siècles ! Ma seule critique est que ce livre est densément instructif, ce qui est merveilleux, mais il est parfois difficile de passer au travers. Il sert nettement mieux en guise de manuel — on peut lire un ou deux chapitres par moment au besoin — plutôt qu’un livre qu’on lit pour le plaisir du début à la fin. C’est surtout parce qu’on saute de ligne du temps quand on nous présente un nouveau thème. Cependant, l’index bibliographique est bénéfique, il permet au lecteur de trouver facilement les références aux nouveaux (ou moins nouveaux !) noms mentionnés dans le livre.

Pour conclure, le livre de Slonosky est un excellent ajout à l’histoire du Canada et éclaire un sujet qui n’est pas (ou même jamais) couvert par les cours d’histoire d’aujourd’hui. Je recommande fortement de se procurer une copie et d’en apprendre plus sur l’histoire des observations météorologiques, la météorologie, et la climatologie au Canada.

Vous pouvez en apprendre plus sur le livre sur Goodreads et le trouver sur Amazon.

SAM dit d’en apprendre plus

par Rachel Black, le 9 octobre 2019.

Mis à part les mauvais jeux de mots, nous avons jusqu’à présent étudié les climats historiques, nos registres, nos membres ainsi que le progrès des transcriptions sur notre blogue. Donc, aujourd’hui nous allons explorer d’autres aspects du projet SAM — notamment la promotion de l’éducation et de la sensibilisation

Comme vous le savez, SAM est un projet dédié à rendre accessibles à la communauté scientifique les données du vieil observatoire de McGill. Pour ce faire, nous avons décidé de numériser les pages du registre et de créer une plateforme sur laquelle le public (vous !) peut transcrire les données des registres en un jeu de données qui serviront à approfondir les analyses. Dans tout ça, nous répondons à des questions sur le processus, résolvons les problèmes qui se présentent, et essayons d’instruire et d’intéresser nos utilisateurs au sujet de divers domaines grâce à ce blogue. De plus, SAM travaille avec des éducateurs pour informer les étudiants non seulement à propos du projet, mais aussi pour l’utiliser en guise d’étude de cas afin de les aider à en apprendre plus sur la météo et sur le processus scientifique.

Un bon exemple de ceci est la collaboration entre SAM et le CÉGEP montréalais Dawson College. Dans le cadre des efforts déployés pour développer la culture scientifique, SAM a créé un module de cours de CÉGEP durant lequel les étudiants utilisent des transcriptions de données de SAM pour en apprendre plus sur la science citoyenne, la météorologie historique, et les recherches de climat et de météo. Vous vous souvenez peut-être de notre travail avec le Collège Dawson du billet de blogue de Geoffrey Pearce au sujet de la qualité de l’air à Montréal du mois de juillet. Pearce est un des professeurs du module que nous avons créé.

Jusqu’à présent, nous avons deux versions de ce cours. La première en 2018 se concentrait plus sur les méthodes de recherches des sciences sociales, et la deuxième (de 2019), sur des sciences environnementales et sur l’utilisation de l’énergie. Les étudiants travaillent en groupe avec des archives (par exemple des archives de journaux historiques, la BANQ, des rapports de première main) pour faire correspondre un jour précis avec des registres météorologiques de SAM. Ce cours contribue à favoriser l’intérêt pour les sciences et nous aide à évaluer notre plateforme de transcription et nos processus pour améliorer l’expérience de nos utilisateurs.

SAM est aussi axé sur l’éducation postsecondaire. Nous allons plus en entendre parler dans les prochaines semaines, mais SAM collabore avec l’École de l’environnement dans le cours ENVR 401 sur la recherche environnementale — nous serons le sujet de leur projet de recherche interdisciplinaire. Le groupe de l’an dernier, par exemple, a cherché à déterminer si les archives de données de SAM sont aptes à l’emploi en se basant à la fois sur l’année et sur les colonnes dans les registres.

Et il ne s’agit que d’un coup au travail que nous faisons chez SAM pour améliorer la culture scientifique et les projets éducationnels dans lesquels nous nous engageons. Si vous ou votre organisation souhaitez collaborer avec SAM, n’hésitez surtout pas à nous joindre!


Faites la connaissance de SAM: Rachel Black

par Rachel Black, le 25 septembre 2019.

Cette semaine, nous présentons...

Qui:

Rachel Black

De:

Ontario

Ses rôles:

Gestion des enregistrements, réseaux sociaux, sensibilisation — je suis une femme à tout faire !


Qu'est-ce que vous préférez chez SAM?

Sa nature interdisciplinaire ! C’est vraiment génial de pouvoir se plonger dans différentes disciplines et d’explorer de nouvelles manières d’aborder des projets.


Saison préférée? Pourquoi?

L’automne. J’adore les couleurs, les odeurs et l’air vif.


Symbole de météo préféré ? Pourquoi ?

Bien que je déteste y faire face dans la vraie vie, j’adore le symbole de la neige.

                      symbole de la neige

Type de nuage préféré ? Pourquoi ?

J’aime beaucoup les cirrocumulus. Une fois, quand j’étais petite, mon grand-père m’a dit qu’ils prédisent la pluie. Ça m’a marquée !


Quelle est la chose la plus cool que tu aies apprise en participant à ce projet ?

Qu’il existait un vaste réseau de communication entre l’Europe et l’Amérique du Nord. C’est fascinant de constater l’influence qu’exercent les individus entre eux et sur les méthodes d’enregistrement de la météo.


Et bien sûr:


Sucré ou salé ?

Sucré ! Je suis une amatrice de sucreries.


Star Wars ou Star Trek?

Star Trek


Les chiens ou les chats?

Les chats


Animal préféré?

Les girafes.


Endroit préféré à Montréal ?

Probablement n’importe quel espace naturel — j’aime qu’il y ait plein de parcs et de petits espaces qu’il y a à découvrir. En deuxième position, suivant de près, c’est la grande variété des restaurants végétariens et véganes à explorer !


Continuez à suivre le blogue de SAM pour plus d’introductions aux membres de l’équipe dans les semaines qui suivent, en plus de notre contenu habituel !


Promenades et traîneau

Par Victoria Slonosky, le 28 août 2019.

Il fait chaud et humide dehors – la saison a été torride. Mais avant de se plaindre, on a intérêt à se souvenir de l’hiver dernier…

Les Montréalais s’entendent pour dire qu’entre la pluie verglaçante et les cycles de gel/dégel qui ont glacé nos rues, l’hiver dernier a été difficile. Le simple fait de marcher était devenu une activité dangereuse. Les risques de glisser et de souffrir d’une entorse ou d’un membre fracturé étaient élevés. Cette situation était-elle inhabituelle, historiquement parlant ?

La première personne à me poser la question était Natasha Hall de CJAD l’hiver dernier – j’ai donc analysé les statistiques afin de lui répondre. Il s’agissait assurément d’une situation inusuelle. Cette année a été la cinquième année avec le plus d’heures de pluie verglaçante depuis 1954, il y a eu 83 heures de pluie ou de bruine verglaçante entre novembre 2018 et mars 2019. À titre comparatif, il y a eu 104 heures en 1998, l’année du fameux verglas massif, et 103 heures en 1983, une autre année de tempêtes de pluie verglaçante violentes. La moyenne depuis 1954 est de 43 heures par hiver.

Il est difficile de faire une comparaison des registres de pluie verglaçante. En effet, les observateurs n’en prenaient habituellement note que s’il y avait des précipitations pendant la journée, et non le nombre d’heures totales, comme il se fait à l’aéroport Dorval depuis le début des observations à l’heure. Il semblerait aussi qu’ils n’aient enregistré que les évènements marquants. C’est une des raisons pour lesquelles le projet SAM est si important. Nous avons besoin de nos données météorologiques pour faire le pont entre des journaux météorologiques historiques et les observations synoptiques modernes. Ainsi, on pourra faire la différence entre les vrais changements météorologiques, et ceux qui sont survenus avec l’évolution des méthodes d’observation. Malgré tout, il semblerait qu’il y ait une augmentation de pluie verglaçante lorsqu’on compare aux 18e et 19e siècles.

Les cycles de gel/dégel – pendant lesquelles la température élevée fait fondre la glace pour qu’ensuite les nuits froides viennent geler ces flaques afin d’en faire des plaques de glace mortelles – étaient récurrents cet hiver. Il y a habituellement 42 jours de gel/dégel par année, et l’hiver 2018-2019 en a eu 45. L’année 2017-2018 détient le nombre record de 67 jours, suivi par les années 2002 et 1880, qui sont à ex æquo avec leurs 65 jours respectifs. Ces grandes flaques d’eau qui se transforment en surfaces glissantes fatales surviennent plutôt de l’effort contreproductif de faire fondre la glace après une chute de pluie verglaçante que de la température elle-même.

Jusqu'au milieu du 20e siècle, le transport à Montréal se faisait à cheval et en charriots, ou en traîneaux. Les conditions de la route étaient essentielles, et les hivers doux et les constants cycles de gel/dégel étaient plus difficiles à traverser que les hivers froids. Lorsque la température descendait sous zéro et ne remontait pas, les rivières se glaçaient et devenaient des routes. La neige damée s’accumulait, ce qui faisait que les conditions de promenade en traîneau étaient idéales. Avec des robes doublées de fourrure, et les bons habits pour le froid, le transport était plus facile en hiver que sur les routes boueuses du printemps et de l’été.

 Un cheval et un traîneau avec un passager.

Figure 1 : Un cheval et un traîneau avec un passager.

Bien ironiquement, en 1900, la même année que le premier véhicule automobile a fait son apparition à Montréal (photo gracieuseté de V. de Serres), une colonne dédiée aux « conditions de promenade à traîneau » a été ajoutée au registre de météo.

 “McGill”

Figure 2 : Les conditions de promenade à traîneau étaient sur le formulaire, mais étaient rarement enregistrées !

Malgré la popularité croissante des véhicules à moteur, les moyens de transport à cheval étaient encore largement utilisés pour les livraisons dans les années 50.

 La Presse 1899

Figure 3 : Coupure de La Presse, 23 novembre 1899.

Pendant les hivers doux, les routes devenaient de véritables bourbiers infranchissables. Avec chaque chute de neige, on sortait les traîneaux — mais avec chaque cycle de gel/dégel, il fallait qu’ils soient replacés par des charriots, dont les roues se coinçaient dans la boue à moitié gelée. Parmi les années d’importantes périodes de gel/dégel, il y a eu 1805 et 1825, avec 63 jours chaque entre novembre et mars, ainsi que 1807 et 1849. L’hiver 1848-1849 a été décrit en détail par le docteur montréalais William Sutherland, qui avait noté qu’il a dû passer du traîneau au charriot plusieurs fois pendant l’hiver.

« Presque toute la neige a disparu, tout le monde est sur leurs roues », avait-il écrit dans son journal météorologique le 30 décembre. Après une chute de neige début janvier, les traîneaux étaient de retour, mais les « charriots étaient utilisés » encore une fois le 17 janvier 1848. Après une autre alternance avec les traîneaux bientôt après, les charriots ressortirent le 25 janvier 1848. Il y avait assez de neige pour les « fêtes foraines de traîneau », mais, le 22 février, c’était le contraire, et « il était difficile de les utiliser dans la ville ».

Rappelons-nous que les routes n’étaient pas pavées. Imaginons l’état des voies après que la neige fonde et que les chevaux, les traîneaux et les charriots soient passés par là. Bien que nous trouvions ça assez difficile de se déplacer en hiver au 21e siècle, nous pouvons tout de même admettre que la situation pourrait être pire.

 “Rue

Figure 4 : Rue Saint-James par R.A. Spoule, McGill Rare Books and Special Collections, Collection Lande (Lande 32).

Faites la connaissance de SAM: Renée Sieber

by Rachel Black       on July 31st 2019

Vous vous intéressez aux membres de notre équipe? Rencontrez-les dans cette série! Cette semaine, nous allons en découvrir plus sur la personne à la base de notre projet, Renee Seiber.


Sans plus tarder....

Qui:

Renée Sieber

D’où:

Ontario, en passant du Michigan et du New Jersey

Ses rôles:


Responsabilités?

  • Effectuer des recherches
  • Conception UX et UI
  • Concrétiser les objectifs du programme en créant de l’architecture de logiciel
  • Fait partie de la colle interdisciplinaire de SAM (géographie) – sa valeur étant de faire avancer tous les domaines de recherche. Personne n’est traité comme un technicien, et on encourage les gens à explorer au-delà des limites de leur discipline.


Saison préférée?

Le printemps. Au Québec, il est explosif.


Icône de météo préférée?

Gelée blanche

                      Gelée blanche

FArbre préféré? Pourquoi?

L’érable, à cause de ses couleurs magnifiques à l’automne et tout ce qu’elle a à offrir, comme le sirop d’érable – il est à la fois esthétique et fonctionnel.

Sucré ou salé?

Sucré


Tu es sur une île déserte – quelles sont les 3 choses que tu dois absolument avoir?

Une façon de faire de l’eau douce, de l’alimentation électrique illimitée, un ordinateur portable qui a accès à Internet. /p>


Star Wars ou Star Trek?

Star Wars 4-6


Les chiens ou les chats?

Les chats


Animal préféré?

La grenouille


FGenre de musique préféré?

Alternatif-folk


Si vous souhaitez en savoir plus sur Renée Sieber et son travail avec DRAW, consultez notre page Actualités ou explorez les thèmes suivants:


Continuez à consulter le blog pour voir plus d'introductions de membres de DRAW dans les semaines à venir avec notre contenu habituel!



Montréal horizontal et vertical

par Victoria Slonosky       le 17 juillet 2019

Cette semaine chez SAM : Voyez comment l’aménagement vertical et horizontal de la ville a un effet sur la météo!

Les citadins connaissent bien les îlots de chaleur urbaine. Cette accumulation est causée par l’aménagement du territoire et par la chaleur générée par la consommation énergétique dans les grandes (ou moins grandes) zones bâties. Les routes, le béton, l’asphalte, les immeubles, et n’importe quelle autre structure absorbent et évacuent la chaleur et l’eau différemment que le font les surfaces naturelles telles que les forêts, le gazon et les zones humides.

L’étendue des grandes villes comme Montréal a énormément changé au fil du temps. Le petit pôle qui est aujourd’hui le Vieux-Montréal et qui s’étendait sur quelques kilomètres carrés au début du 19e siècle – à l’époque où commençaient les enregistrements météorologiques réguliers (voir Figure 1) – est constitué aujourd’hui de près de 2000 km2 d’agglomérations, de banlieues et de zones extra-urbaines (voir Figure 2).

 Île de Montréal

Figure 1: Carte annotée de l'île de Montréal, 1834 (Original de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

 Île de Montréal, 2013

Figure 2: Île de Montréal, 2013

Mais ce n’est pas juste la surface horizontale du centre-ville de Montréal qui a changé - son aspect vertical s’est aussi transformé.

Pendant une grande partie du 19e siècle, la ligne d’horizon de la ville a été dominée par les églises, notamment par les tours de la basilique Notre-Dame. Ces dernières sont visibles de kilomètres au loin et font tête d’affiche sur toutes les représentations du paysage de Montréal (voir Figure 3-6).

 Voyager en hiver sur le fleuve Saint-Laurent

Figure 3: Voyager en hiver sur le fleuve Saint-Laurent, 1866 (Bibliothèque et Archives Canada, MIKAN 2897892)

 Vue de Montréal depuis l’île Sainte-Hélène

Figure 4: Vue de Montréal depuis l’île Sainte-Hélène, vers 1830 (Bibliothèque et Archives Canada, MIKAN 2837606)

 Montréal, de la route à LaPrairie par les rapides

Figure 5: Montréal, de la route à LaPrairie par les rapides (Philip John Bainbrigge (attribué à) 1837, 19e siècle M968.97, Musée McCord)

 Chemin Saint-Lambert

Figure 6: Chemin Saint-Lambert, Montréal, QC, vers 1870 (Alexander Henderson vers 1870, XIXe siècle MP-0000.1452.59, Musée McCord)

L’aspect vertical de la ville a changé pour plusieurs raisons : Montréal est devenu un principal port, les gratte-ciels se sont multipliés à partir des années 30, et, surtout, il y a eu l’arrivée des élévateurs à grains au tournant du 20e siècle. Complété en 1931, l’édifice Sun Life était, du haut de ses 24 étages, le plus grand bâtiment de l’Empire britannique, bien que la Banque royale du Canada située près de la cathédrale de la rue Saint-Jacques comptait plusieurs étages de plus. Aujourd’hui, il est presque impossible de repérer les tours de Notre-Dame parmi les bâtiments gigantesques qui les entourent (voir Figure 7).

 Photo récente de la cathédrale Notre-Dame à Montréal

Figure 7: Cette image plus récente est prise approximativement du même point de vue que la figure 5. (Vicky Slonosky)

Que cela signifie-t-il en terme météorologique? Tel que peuvent en témoigner tout ceux qui habitent ou travaillent au centre-ville, les grands bâtiments peuvent causer un effet tunnel, créant des courants d’air glacés qui traversent le Mont royal et se rendent jusqu'au fleuve Saint-Laurent. Ces immeubles peuvent aussi avoir un effet sur le mouvement de convection en transformant le déplacement vertical de l’air et en créant plus de nuages cumulus et d’orages dans les zones urbaines. Les hivers de plus en plus chauds, ainsi que les mesures entreprises pour faire fondre la neige et la glace, contribuent à la fonte de la neige, qui gèle ensuite pendant la nuit. Les résidents de la ville ont réellement le pouvoir de créer leur propre climat!


D’ailleurs, vous pouvez vous rendre à l’observatoire du Mont Royal, à la Grande Roue du Vieux Port ou au belvédère du musée Pointe-à-Callière, où vous pourrez constater par vous-même les changements de l’aménagement vertical et horizontal de la ville.

Aide à l'écriture

par Rachel Black       le 3 juillet 2019

Les vieux manuscrits peuvent être difficiles à lire et à interpréter, même pour les experts. Avez-vous du mal à lire les pages que vous retranscrivez? Ne vous en faites pas, le billet de blogue d’aujourd’hui vous donne quelques astuces.

Je ne savais pas que l’étude des écritures anciennes portait un nom, la paléographie. Cette science se base sur la lecture, le déchiffrage, la datation et la contextualisation de vieux documents. Il est essentiel pour les historiens et les philologues de se familiariser avec cette discipline parce que les langues et la manière dont on écrit sont constamment en train d’évoluer. Afin de comprendre un document que vous étudiez, il faut que vous sachiez comment il a été créé! Par contre, il ne faut pas confondre cette discipline avec la graphologie, qui consiste en une étude ou une analyse de l’écriture de quelqu’un afin de comprendre sa personnalité, son état émotionnel, ou la personne elle-même. Ce champ est un peu plus controversé et est considéré comme étant une pseudoscience dans certains milieux.

Lire de vieilles écritures peut être difficile pour plusieurs raisons. S’agit-il d’un journal intime, d’un registre, d’un dossier administratif ou de correspondances personnelles ? Aucun ? Chacun de ces écrits peut avoir différents types de formes courtes, d’abréviations, ou d’écritures différentes qui peuvent faire en sorte qu’il est difficile à déchiffrer. Nos registres météorologiques ont leurs propres codes d’abréviation qui ne sont pas nécessairement accessibles aux personnes non initiées et peuvent ne pas figurer dans les journaux intimes et les correspondances de quelqu’un qui ne s’y connaît pas en météorologie.

Il peut aussi s’agir d’une question d’orthographe. Dans les vieux documents, la lettre « i » peut être remplacée par un « y », ou le « s » par un « f ». De plus, il se peut que vous tombiez sur des types d’écriture spéculaire. J’ai moi-même trouvé dans des notes de mes grands-parents des « n » inversés pour ressembler à des « u », des « w » en « m » et vice-versa! La lecture qui en résulte est souvent très amusante, ou déroutante!

Il est aussi possible que vous deviez déchiffrer l’écriture croisée, une technique qui permettait d’économiser du papier et par conséquent des frais de port au 19e siècle. Si on a écrit par dessus une partie de la lettre avec la même encre du début à la fin, il peut être difficile de distinguer des lettres et des mots quand on n’a pas l’habitude de le faire. Déchiffrer le tout peut requérir un peu plus de patience; heureusement, il ne s’agit pas d’une pratique courante.

 un exemple de lettre hachurée

Voici un exemple de lettre hachurée (Wikipedia Commons).

Dans l’ensemble, apprendre à naviguer de vieilles sources primaires écrites à la main est extrêmement bénéfique et prend de la pratique, alors ne vous découragez pas! Voici quelques astuces utiles qui peuvent vous aider à déchiffrer nos registres.


  1. S’il y a quelque chose que vous n’arrivez pas à lire, ne paniquez surtout pas!

  2. Même les historiens avec beaucoup de pratique ont de la difficulté à lire d’anciens documents. Prenez une grande respiration, ou une pause, et poursuivez.

  3. Prenez connaissance des sources qui sont à votre disposition

  4. Dans notre section « Observations météorologiques », il y a un guide de symboles pratique qui inclut des lettres ou des combinaisons de lettres. Vous pouvez y jeter un coup d’œil pour tenter d’y repérer ce que vous cherchez dans la page. Ou alors, vérifiez le menu déroulant que vous trouverez dans le panneau de transcription. Vous y verrez des icônes représentant vos options, telles que des types de nuages ou la direction du vent.

     Liste déroulante du panneau de transcription

    Le menu déroulant des nuages ​​dans le panneau de transcription contient des images pour vous aider!

  5. Cherchez des indices sur la page : des mots/lettres

  6. Est-ce qu’il y a autre chose qui pourrait vous aider à identifier ce que vous voyez? Comparez des lettres ou des mots pour voir s’ils sont semblables et hasardez une hypothèse.

    Comparez vos chiffres avec ceux que vous voyez sur la page. Est-ce que ce 7 ressemble à l’autre ? Ou est-ce en fait un 1 ? De plus, si vous étudiez la température, faites un recoupement avec la période de l’année. Une température de 73°F n’est pas étrange pour l’été, mais l’est pour l’hiver. Il s’agit donc sûrement d’un 13°F.

     Exemple de comparaison de numéro

    Est-ce un 2? Un 7? Vérifier les autres parties de la page peut dissiper cette confusion.

  7. L’orthographe

  8. Si vous butez à cause de l’orthographe, prononcez le mot à voix haute. À l’époque, sans correcteur automatique, les résultats étaient surprenants, alors allez-y phonétiquement.

  9. Demandez de l’aide.

  10. Demandez l’avis de vos amis ; si vous êtes à un évènement SAM, demandez autour de vous ; demandez-nous sur Facebook, sur Twitter, ou par courriel.

Si vous demeurez toujours perplexe et que personne d’autre n’arrive à vous aider, vous pouvez le marquer comme étant illisible. Ainsi nous saurons que quelque chose n’est pas clair, et nous irons voir.

 Option illisible

N'hésitez pas à choisir illisible .


Jetez un coup d’œil à ces sources intéressantes sur la paléographie, la graphologie et sur des astuces pour lire de vieux manuscrits!

Wikipédia - Graphology
Wikipédia - Palaeography
Graphology Handwriting Analysis
WikiHow - How to Read Old Handwriting
Ancestry.com - Tips for Reading Old Handwriting
UK National Archives - Palaeography
Find My Past Blog - 11 Tips for Reading Old Handwriting
Wikipédia - Écriture spéculaire

Chronique invitée : La qualité de l’air à Montréal

par Geoffrey Pearce       le 19 juin 2019

Accueillons ensemble Geoffrey Pearce au blogue de SAM !
Geoffrey Pearce est professeur dans le département de géographie au Collège Dawson depuis 2011. Il a obtenu sa maitrise en planétologie à l’Université Western Ontario ; il s’est spécialisé en géologie des plaines nordiques de Mars. Depuis, il a commencé à manifester de l’intérêt pour la Terre et il aide les étudiants à s’engager dans des domaines d’études urbaines et dans des projets de sciences citoyennes. Aujourd’hui, il va aborder le sujet de la qualité de l’air à Montréal.

 Ste. Catherine and St. Laurent Blvd, 1875

Figure 1 : Une gravure d’une usine de souliers au coin de Sainte-Catherine et de Saint-Laurent en 1875, avec de la fumée s’échappant de la cheminée. (source : Canadian Illustrated News, Dec. 1875/BANQ)

Au début de l’étude marquante de 1897 « The City Below the Hill » (la ville en bas de la colline), Herbert Ames illustre le contraste entre les conditions de vie du quartier bien nanti de Ville-Marrie, « la ville sur la colline », et celles des secteurs pauvres et industriels près du canal Lachine, « la ville en bas de la colline ».

« En observant ces deux secteurs du haut de la montagne, on aperçoit de nombreux clochers dans le premier, mais aucune grande cheminée. Le deuxième est parsemé de traces de présence industrielle ; l’air est lourd de fumée. »

Le travail d’Ames fournit un aperçu important des conditions économiques et sociales des quartiers longeant le canal Lachine, mais il n’y a qu’une brève mention de l’air enfumé. J’ai ressenti la même ambiguïté en parcourant le site de SAM et en voyant le mot « fumée » écrit dans les marges des rubriques météorologiques enregistrées sur le campus de McGill en juin 1878. S’agissait-il de fumée provenant d’un feu de forêt au loin, ou de personnes dans la ville faisant brûler du charbon et du bois ? Est-ce que c’était un phénomène local ou est-ce que ça recouvrait la ville au complet ?

 Smoke in the Ledgers

Figure 2 : commentaire au sujet de la fumée d’une des rubriques de l’observatoire de McGill datant du 15 juin 1878, pris du site web de SAM.

Ce printemps, j’ai mis au défi les étudiants d’un cours d’environnement au Collège Dawson, où je suis professeur de géographie, de décrire comment la qualité de l’air à Montréal a changé depuis la fin du 19e siècle.

Les étudiants éprouvèrent de la difficulté à trouver de l’information sur la qualité de l’air à Montréal à la fin du 19e et au début du 20e. Ce fut aussi compliqué de faire des liens entre ces recherches et la page SAM où la « fumée » est décrite. C’est probablement dû au fait que les sciences de la santé publique étaient un domaine naissant à l’époque, mais c’était sûrement influencé par le fait que la qualité de l’air était si pauvre qu’un brouillard de pollution incessant n’était pas digne d’être médiatisé. Le bois et le charbon étaient les sources principales pour la cuisine et le chauffage, et une variété d’industries qui ont depuis longtemps disparu du paysage urbain s’ajoutaient au mélange atmosphérique malsain. À la fin de leur devoir, plusieurs étudiants ont exprimé leur gratitude pour la bien meilleure odeur de la ville. Je suppose que c’est une façon comme une autre d’être sensible à notre héritage !

Aujourd’hui, la Cote air santé est affichée sur les écrans sur le quai du métro, et trouver des données des postes de surveillance est relativement simple. Une recherche Google mène à des études revues par les pairs au sujet des facteurs de risques pour certains quartiers et des controverses entourant la qualité de l’air (des débats tels que le sort des fours à bois des pizzérias ou des boutiques de bagels, par exemple) sont régulièrement relatées dans les journaux. Cette fois-ci, la difficulté que rencontrent les étudiants lorsqu’il en vient à décrire l’état de la qualité de l’air est liée à l’abondance des données, plutôt qu’à leur rareté.

À la fin de la session, après avoir noté les devoirs, je me suis mis à réfléchir sur la difficulté de trouver des réponses succinctes sur la qualité changeante de l’air à Montréal (comment, où, pourquoi). Au 20e siècle, on a délaissé le charbon pour de l’hydroélectricité, ce qui a considérablement réduit la fumée. Cependant, la mondialisation et la disparition locale de plusieurs industries furent aussi importantes, sans compter la réglementation des émissions qui a été coincée par les promoteurs immobiliers dans les années 1930. Plusieurs étudiants étaient étonnés d’apprendre que les centrales au charbon en Ontario contribuaient largement à la pollution de Montréal jusqu’à ce qu’on s’en débarrasse il y a quelques années. Et il ne s’agit ici que de quelques variables principales. Bien que les inégalités entre les quartiers et leur exposition à des dangers environnementaux étaient frappantes au 19e siècle, quelques étudiants ont fait le parallèle entre la qualité de l’air dans des quartiers affluents du haut de la colline tel qu’à Westmount, et des communautés à faible revenu près de sites industriels, tel qu’à Montréal-Est.

 Smoke graph

Figure 3 : Le graphique montre le nombre de jours de fumée enregistrés à l’aéroport de Dorval chaque année en 1953 et 2018. La chute est grandement influencée par le passage à l’hydroélectricité (graphique gracieuseté de Victoria Slonosky).

Bien que la qualité de l’air à Montréal se soit grandement améliorée dans les décennies récentes, je me rends compte que les étudiants sont plus conscients des dommages des évènements à court terme que des tendances à long terme. Ce qui propulse la science, c’est de comprendre et de répondre à des évènements qui étaient autrefois invisibles et incompris. Dans ce sens, une plus grande connaissance et mesure de la fumée, ainsi que les préoccupations sur les effets sur la santé, peuvent être considérées comme étant le fruit qu’un progrès impressionnant et durement acquis. On peut se tourner vers le passé pour comprendre comment on s’est rendu ici, pour qu’on s’en serve comme guide lorsque de nouveaux défis se présenteront.



Que représentent les symboles météorologiques?

par Rachel Black       le 5 juin 2019

Les symboles météorologiques sont importants lorsqu’il en vient à la transcription de données, car ils représentent graphiquement un phénomène perçu. Nous avons consacré une section de notre site internet, « Observations météorologiques », à une étude des symboles que nous utilisons dans notre interface de transcription. Il y a quelques mois, nous avons aussi créé un billet de blogue au sujet de leur histoire. Mais lorsque nous parlons de « gelée blanche » ou de « couronne solaire », savons-nous vraiment de quoi il s’agit ?

Ces photos, prises par notre propre équipe, nous montrent des occurrences réelles de ces symboles.


Halo lunaire

Photo prise par notre développeur, Rob.


 Halo lunaire symbole

 halo lunaire


Arc-en-ciel

Photo prise par Rachel, membre de l’équipe.


 arc-en-ceil symbole

 arc-en-ciel


Halo solaire

avec deux petits parhélies (aussi appelés « faux-soleils ») de chaque côté. Photo prise par notre chef d’équipe, Vicky.


 Halo solaire

 Halo solaire


Un ciel couvert

Photo prise par Rachel, membre de l’équipe.

 Un ciel couvert symbole

 example of Overcast sky

Un ciel couvert

 Comparé à un ciel clair

un ciel clair


Montrez-nous vos propres exemples de symboles dans la vie réelle Facebook ou Twitter!



Qui sont les observateurs?

par Victoria Slonosky       le 22 mai 2019

Cette semaine, nous allons explorer un peu les individus qui prenaient les observations que nous transcrivons.

L’observatoire de McGill a été fondé par le Dr Charles Smallwood. Immigrant britannique arrivé à Montréal dans les années 1830, il a établi un cabinet en campagne à Saint-Martin dans une île au nord de Montréal, qui était appelé à l’époque Ile-Jésus et qui est aujourd’hui Laval. Dans les années 1840, il avait construit un observatoire avec un éventail impressionnant d’instruments faits main et des arrangements nécessaires pour faire des enregistrements automatiques. En 1863, il a été invité à déménager cette installation à l’Université McGill. Pendant un moment, l’établissement fut connu sous le nom d’Observatoire de Montréal.

 Dr. Smallwood

Dr. Charles Smallwood

Smallwood détenait une position honoraire en tant que professeur de météorologie, mais ne touchait pas de salaire. Il n’en recevait pas non plus au titre d’observateur, bien que l’observatoire recevait des subventions des Services météorologiques du Canada pour l’achat d’instruments et pour payer les étudiants adjoints. Il continuait de gagner sa vie en tant que médecin, et vivait à Montréal sur la côte du Beaver Hall. Un de ses assistants, Clement McLeod, avait reçu la permission de l’Université de dormir dans le bâtiment principal afin qu’il puisse faire ses observations plus facilement.

 Clement « Bunty » McLeod

Clement « Bunty » McLeod

Smallwood est mort en novembre 1873 sans nommer d’observateur successeur. George Kingston, le directeur des services météorologiques du Canada, avait été consulté à ce sujet, et McLeod, qui venait tout juste d’obtenir son diplôme en génie civil, fut sélectionné pour prendre sa place. Avec un bon nombre d’instruments, il se dirigea vers Kingston, à Toronto, où il suivit un entrainement intensif. Ainsi, les observations reprirent en janvier 1874.

McLeod était le directeur des observations pendant 40 ans, et ce jusqu’à sa mort en 1917. Des lettres datant de 1875 indiquaient que les salariés étaient le surintendant et deux assistants. En 1880, McLeod a soutenu « le désir et le besoin » de bâtir une résidence à l’observatoire. Sa requête a été acceptée et, avec sa femme, il y éleva sa famille.

 McLeod et la supervision des élèves

McLeod et la supervision des élèves

Nous savons que parmi ses assistants de recherche, il y avait James Weir et A. J. Kelly. Ce dernier, diplômé en 1911, avait servi dans le régiment Princess Patricia au cours de la Première Guerre mondiale. Lorsqu’il revint à McGill, il devint le surintendant de l’observatoire.

Le budget de 1937-1939 inclut les salaires pour l’observateur, A.J. Kelly, le chroniqueur météo, Day Clerk, C.L. Henry. Il y avait aussi d’autres salaires accordés à « l’exposition de Sun Card ». Un document ultérieur décrit Charles Henry comme étant l’observateur en chef depuis 1958, et ce « pendant plus de 20 ans ».

Si vous voulez en savoir plus sur les observateurs ou sur l’histoire de l’observatoire, n’hésitez pas à nous contacter !


Communicating Weather: Storm Warnings and Telegraphs

by Victoria Slonosky       on May 8th 2019


This week we will look at how weather, especially dangerous weather, was communicated in a time before telephones, cell phones and the internet. It is no surprise that weather observations played a significant part!

Space and Time: the Observatory, The Transit Telescope and Longitude

One of the most important functions of the McGill Observatory, and one which brought in much needed revenue to help pay for the meteorological and other scientific observations, was timekeeping. Timekeeping is fundamental to any kind of observing. In the 19th and early 20th century, timekeeping relied on observing the transit of certain stars. Midnight was defined as the moment certain stars, depending on the season, passed overhead. The transit telescope was one of the most important instruments in the observatory, although for timekeeping purposes it didn’t need to be as sophisticated and powerful as for astronomical discovery.

                      transit telescope

Accurate time was important in the age of railways to co-ordinate schedules, but was also crucial in determining longitude, both for ships in an Empire connected by sea and across the North American continent being surveyed, mapped and settled. Time and space are linked by the Earth’s rotation; the Earth rotates through 15 degrees of longitude every hour. With an accurate clock, the difference in time between two places can also be translated into the difference in longitude between those two places, and location can be determined. Somewhere 4 hours west of Montreal is also somewhere 60 degrees west of Montreal.

Clement McLeod, the Observatory’s second Director, used time and the exchange of telegraph signals with Waterford, Ireland in 1891 to obtain the most precise determination of longitude in North America for the McGill Observatory. McGill’s time signal was communicated to Montreal’s harbour, then one of the busiest in Canada, and by telegraph to Ottawa and westwards across the country. Once telegraph lines were laid under the Pacific, the time signal travelled across the ocean as far as Australia.

Storm warnings and telegraphs

Time was also very important for weather observations, both for exchanging weather observations across many time zones and for tracking fast moving weather like storms. Before the telegraph, storms moved faster than any human communications could. If a storm developed on the Great Lakes and passed up the St Lawrence towards the Atlantic, it moved faster than a rider on a horse or a ship could travel to warn people downstream in the path of the storm that danger was on the way- to say nothing of the hazard of trying to travel in a storm. With the invention and widespread use of the telegraph in the second half of the 19th century, for the first time there was a means of communication which could travel faster than weather systems, and so storm warnings became possible. It was to develop storm warnings, and to try to lessen to terrible losses of life from shipping at sea, on the St Lawrence and on the Great Lakes that the Meteorological Service of Canada (MSC) was first started. For many years, the MSC was a part of the Department of the Marine.

This is the reason the observations times in the McGill records tend to be at odd, but precise times such as 7:48 am or 11:13 pm. It’s partly to allow for synchronous observations across many longitudes, and partly to allow for the weather observation collators at a central observatory such as Toronto or Washington enough time to receive all the reports by telegraph, plot them all on a map, analyze the results and then issue a storm warning or forecast at, say 9am or midnight.

We will see you next time with more information on the principal observers at the McGill Observatory!

Introducing DRAW Members: Vicky Slonosky

by Rachel Black       on April 24th 2019


This week we will explore who is behind our project, starting with Vicky Slonosky!

Introducing...

Who:

Vicky Slonosky

From:

Montreal (south shore) via England, France and Toronto and back to Montreal

Role at DRAW:

General wrangler & worrier, and historical weather data expert

Favourite Part of DRAW?

The enthusiasm! Everyone working on it is there because they want to be, and because they believe it’s an interesting and worthwhile project.

Favourite Season? Why?

Autumn- after the summer heat, the relief of the first cool breeze and hint of chill is like a promise of renewal- I think we should start our new year in October. Also, harvest season is a great time for any baker.

Favourite Weather Symbol? Why?

Tough one to choose, but I think snow drift, because it’s so quintessentially Canadian, with “poudrerie”, “blowing” and “drift” seen in the earliest Canada records going back to the 18th century (though admittedly often accompanied by words such as “violent", “affreuse" and “horrible"!)

       

                      snowdrift

Favourite Cloud Type? Why?

Cumulus- I love watching them grow, change shape, and billow out against a bright blue sky. Also very cool when they become dark and turn into dramatic storm clouds.

                      Plate 3 from Luke Howard’s Essay on the Modification of Clouds (1865)

Coolest thing you've learned while participating in DRAW?

The sheer number of people who are interested in weather and giving up their precious free time to type in old weather records, as well as the variety of way people have found to use the results.

And of Course:

Sweet or Salty?

Sweet (I'm a baker)

Star Wars or Star Trek?

Star Trek. I used to do all my math homework watching after school reruns

Cats or Dogs?

Allergic to cats, so dogs, but would be happy to have cats if I could

Favourite Animal?

Chickadees. I watch them from my kitchen window and have a special bird feeder only they can get into

Favourite place in Montreal?

So many to choose from! Toss up between St Helen’s Island for outdoors and BAnQ for indoors.

If you'd like to find out more about Vicky Slonosky and her work with DRAW check out our News page or explore the following:

Keep checking out the blog to see more DRAW Member Introductions in the coming weeks alongside our usual content!



Les annotations dans les registres

par Rachel Black       le 10 avril 2019

Bienvenue au troisième billet de blogue de SAM ! L’article de cette semaine porte sur les annotations marginales, et sur celles que nous avons repérées dans nos propres registres.


Avez-vous déjà trouvé des remarques dans un livre ? Ou avez-vous vous-même dessiné ou gribouillé dans les marges des notes que vous preniez en classe ou pendant une réunion ? Si oui, vous avez déjà soit trouvé, soit créé, des annotations marginales

Les annotations sont des commentaires qui sont ajoutés dans un livre ou dans un document. Plus spécifiquement, elles peuvent prendre la forme de dessins, de gribouillis, de commentaires, ou de critiques apparaissant dans les marges — parfois même entre les lignes du texte. Un lecteur peut inscrire des remarques afin d’organiser ses pensées. Il est aussi possible que ça soit le travail de l’auteur ou de l’éditeur au moment de la conception de l’œuvre. On peut retrouver des remarques de nature liturgique dans de nombreux manuscrits bibliques, et même dans la culture populaire, comme dans les copies de Roman de Renart datant du 16e au 18e siècle, dans lesquelles des notes moralistes étaient écrites dans les marges afin de faire réfléchir les lecteurs.

Les annotations qu’on retrouve dans les manuscrits médiévaux sont des exemples bien connus. Les scribes testaient leurs plumes dans les feuilles externes de leurs écrits, et ensuite leurs livres, afin de s’assurer que leur tracé était égal. Ces marques pouvaient être des gribouillis faits au hasard comme ça pouvait être l’alphabet au complet, des notes de musique ou des dessins. Dans un cas, même un chat s’est promené sur un manuscrit y a laissé ces traces — de pas ! Il est possible de voir des annotations dans des archives, comme dans des écrits personnels. Les Archives de l’Université McGill ont des documents de fondations privées, certains contenant des annotations, tel que dans ceux du Ross Family Fond. On y retrouve les gribouillis de Dorothy Ross, une élève qui dessinait ses professeurs pendant ses cours !

En quoi les annotations sont-elles importantes ?

Elles peuvent approfondir la compréhension qu’a le lecteur moderne d’un document. En général, les renseignements sur sa conception et son auteur ne sont pas notés. Par conséquent, ces petits dessins peuvent nous informer sur des tendances (les différents types d’écriture à travers l’Europe, par exemple), et même sur les personnes concernées. Les annotations sont essentielles pour les historiens, les archivistes et même pour les citoyens scientifiques !

Nous étions donc surpris et excités lorsque nous avons trouvé des annotations en numérisant des pages de nos registres. Vous pouvez voir ici huit de nos pages qui datent de 1902, et puis de 1904 à 1906. Ces annotations sont intéressantes, il semblerait qu’elles étaient créées afin de tuer le temps puisqu’il ne s’agit ni de notes, ni de commentaires, ni de tests de plumes, mais bien spécifiquement de portraits.

                      1902

    1904 

Nos observateurs ont probablement dessiné le profil de gens qu’ils connaissaient. Il y avait non seulement des hommes avec des barbes impressionnantes, mais aussi des femmes avec des coiffures sophistiquées et des détails tels que des jabots de robes ou des accessoires de cheveux.

 1905               

            1905

Nous ne savons pas encore grand-chose au sujet de ces dessins. Certains portraits des hommes sont signés, un autre porte des initiales. Il faut que nous fassions plus de recherche pour découvrir qui étaient ces gens et qui les avaient dessinés. Tout ceci peut nous donner plus d’indications sur le contexte de ces observations et sur les personnes qui étaient impliquées.

 1905                    

1906              

   1906

Si ce sujet vous intéresse, vous pouvez en lire plus en cliquant sur les liens ici-bas :

Sinon, si vous souhaitez voir ces annotations de plus près, vous pouvez contacter les Archives de l’Université McGill ici.


Communication internationale : les symboles de température

par Victoria Slonosky       le 27 mars 2019

Bienvenue à un nouveau billet de blogue SAM ! Cette semaine, nous allons étudier le pourquoi et le comment des symboles de température.


Lors de vos transcriptions, vous êtes peut-être tombés sur ces petits symboles représentant des types de données météorologiques qui remplacent des mots. Ils ont posé un énorme défi lorsque nous concevions notre interface. Nous ne pouvions pas simplement demander à nos citoyens scientifiques de les retaper — il n’y a pas de touches représentant ces symboles ! Faut-il que nous ajoutions un tableau qui puisse être consulté ? Que nous indiquons qu’ils doivent être transcrits en tant que « pluie » ou « neige » ? Quel type de standard devrions-nous utiliser ? Il doit être à la fois précis et facile à retranscrire pour nos citoyens scientifiques.

Notre développeur, Rob, a trouvé la réponse : un menu déroulant qui permet à nos utilisateurs de faire correspondre le symbole manuscrit sur la page avec une liste prédéterminée de choix. Nous avons créé cette liste en nous basant sur une variété de sources imprimées, y compris « Instruction pour les observateurs » (1878) de George Kingston, le directeur des Services météorologiques du Canada, ainsi qu’« Indice pour les observateurs météorologiques » (1908, 6e édition) par Marriott.

La difficulté de créer un standard pour transcrire les symboles météorologiques est courante. L’idée d’en créer un date au moins du 18e siècle. Une des premières tentatives de coordonner des observations météorologiques internationales standardisées a été faite par la Societas Meterorologica Palatina, au Mannhein. Le réseau de Mannhein avait des stations à travers l’Europe, en Amérique du Nord, et au Groenland. Plusieurs facteurs, y compris le coût et les guerres napoléoniennes, ont contribué à l’effondrement de ce projet en 1795. Toute correspondance internationale, même au sujet de la météo, pouvait être soupçonnée d’espionnage !

Au début du 19e siècle, Francis Beaufort et Luke Howard continuaient de chercher une manière standardisée de parler de la météo. Howard était le sujet de notre dernier billet de blogue au sujet du système de classification des nuages, et Francis Beaufort était un membre de la Marine royale. Il s’intéressait à la classification de la force des vents pour les navires en mer. L’Échelle Beaufort (The Beaufort Scale, en anglais) la décrit en se basant sur des indices visuels, tels que l’écume des vagues et le vent dans les voiles d’un bateau. Beaufort a aussi conçu des codes d’une ou deux lettres pour la météo tels que « d » pour « pluie fine ». Il a utilisé la lettre « b » pour désigner un ciel clair, ce qui explique pourquoi nous trouvons parfois le « b » comme étant une indication pour « clair » — c’est un symbole courant que nous voyons dans nos propres registres !

Ce système fonctionnait assez bien en anglais, mais plus le temps passait, plus les pays voulaient s’échanger des données de température. On avait besoin d’un standard international. Des codes en lettre pour les conditions météorologiques de chaque pays basés sur leurs langues étaient trop mélangeants. Un standard qui transcende la langue était nécessaire.

La première réunion internationale pour établir un standard sur des mesures météorologiques terrestres fut établie à Vienne en septembre 1872. La question 15 sur la fiche d’information était « serait-il souhaitable d’introduire des symboles pour les nuages, les hydromètres, et pour tout autre phénomène extraordinaire, qui seront indépendant du langage local, et donc universellement intelligible ? » En se basant sur la transcription de la réunion, il y avait un long débat — si oui ou non il était conseillé d’adopter les symboles et sur la difficulté de le faire — des scientifiques de Bruxelles, Christiana, Genève, Florence, Viennes, Londres, Padoue, et Saint-Pétersbourg s’en sont mêlés.

On a atteint un consensus, cependant, et les symboles suivants ont été approuvés :

 Nuages ​​d'orage

On connait le reste de l’histoire ! Vous pouvez observer ces symboles en action quand vous transcrivez les données météorologiques de nos registres. Si cela vous intéresse de voir plus de symboles, vous pouvez vous référer à notre page d’Observations météorologiques pour la liste complète des symboles que vous pourriez croiser en transcrivant !

Pour plus d’information, vous pouvez consulter :

L'invention des nuages - Richard Hamblyn (The Inventor of Clouds, en anglais).
L'expérimentation de la météo - Des pionniers qui ont voulu voir le futur - Peter Moore (The Weather Experiment: The Pioneers who Sought to see the Future, en anglais).

Les nuages, leurs dénominations et leurs abréviations

par Victoria Slonosky       le 13 mars 2019

Notre ciel est défini par ses nuages, ou par leur absence. Lorsque le suédois Carl Linne créa le système binomial pour classifier les plantes — et que la catégorisation de ce qui nous entoure débuta durant le siècle des Lumières au 18e — il n’est pas étonnant qu’on se mît aussi à catégoriser les nuages. C’est Luke Howard qui entreprit ce travail de nomenclature au 19e siècle.

Luke Howard était un chimiste quaker qui passait des heures à observer les nuages au cours de son enfance. Il était un des premiers à se rendre compte qu’il y avait un nombre limité de types de nuages (Jean-Baptiste Lamarck aussi avait essayé de catégoriser les nuages en fonction de leur forme et de leur taille) — ils ne faisaient pas que changer de forme constamment en dérivant. Howard utilisa des noms latins pour décrire les formes et les tailles classiques des nuages. Les cumulus sont de gros amas de strates inférieurs qui sont porteurs de précipitations. Les dénominations de Howard, puisque latines, purent se propager à l’étranger depuis qu’il les adopta en 1817.

Howard tint sa première conférence à Londres en 1802, où il postula qu’il y a trois grands types de nuages : cirrus, cumulus, et stratus. Il expliqua aussi qu’ils peuvent parfois passer d’une forme à l’autre de manière identifiable à mesure que la météo change. Par exemple, les cumulus peuvent s’étendre et fusionner avec une couche de stratus. Il posa que la forme des nuages reflète le processus physique de leur formation. Par exemple, les cumulus se forment par un mouvement de convection. Grâce à cette constatation, ces mystérieuses entités constamment changeantes devinrent de vraies sciences qui peuvent être étudiées et reliées à d’autres phénomènes tels que les précipitations. En un sens, on peut dire que la classification des nuages fut le début de la météorologie comme domaine scientifique.

 Thunderclouds

Un regroupement de nuage d’orages – frontispice de l’Essai sur la modification des nuages (Anglais), 3e éd. Luke Howard, 1865.


Lorsque vient le temps de noter les observations de nuages dans les registres tels que ceux que SAM retranscrit, il peut être encombrant d’écrire leur nom au complet. Il existe à cet effet des abréviations, comme Ci pour Cirrus. Ils peuvent être combinés, comme Cust pour cumulus-stratus, qui forme la couche de nuages cumulus. Il y a aussi les impressionnants nuages d’orage au sommet de la troposphère, les cumulonimbus, CuNi. Toutes les précipitations viennent de nimbus, donc lorsque vous en transcrivez, vérifiez en même temps s’il n’y a pas de pluie ou de neige !

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